Courir avec une sciatique : Bonne ou mauvaise idée ?
C’est la hantise du coureur. Une douleur qui part de la fesse et descend dans la jambe comme une décharge électrique. La question que l’on me pose systématiquement : « Est-ce que je dois m’arrêter complètement ? ».
Ma réponse de professionnel est nuancée : en phase aiguë inflammatoire, c’est non. Courir reviendrait à jeter de l’huile sur le feu. En revanche, si la douleur est modérée, chronique ou en phase de rémission, l’immobilité totale est souvent pire. Le mouvement est indispensable pour vasculariser le nerf et guérir.
Dans cet article, je vais t’expliquer quand tu peux chausser tes baskets, comment adapter ta foulée pour réduire les impacts, et les signes qui doivent te faire stopper immédiatement.
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Phase aiguë ou rémission : La règle d’or
Avant même de parler de chaussures ou de terrain, il faut évaluer ton niveau d’inflammation. Le nerf sciatique n’aime pas être étiré ni comprimé lorsqu’il est irrité.
- Phase aiguë (Douleur > 6/10) : Si tu as mal même au repos, si la douleur te réveille la nuit ou si tu boites, ne cours pas. L’onde de choc de chaque foulée (environ 3 fois ton poids du corps) va aggraver la compression discale. Privilégie la marche, la natation (dos crawlé) ou le repos relatif.
- Phase de rémission (Douleur < 3/10) : Si tu as une gêne supportable, type « point dans la fesse » qui ne descend pas sous le genou, la course est envisageable. Le mouvement aide à « faire glisser » le nerf (neurodynamique) et évite l’atrophie musculaire qui protège ton dos.
Le test du matin : si tu es raide comme un piquet au réveil et que la douleur augmente dès que tu te penches en avant, annule ta séance du jour.
5 conseils techniques pour courir sans réveiller la sciatique
Si tu as le feu vert (douleur légère et stable), tu ne peux pas courir comme avant. Il faut modifier ta biomécanique pour épargner tes disques lombaires.
1. Raccourcis ta foulée (Cadence)
C’est le conseil le plus important. Une grande foulée t’oblige à atterrir talon loin devant toi, ce qui crée un freinage brutal et envoie une onde de choc direct dans les lombaires. Essaie de faire plus de petits pas (vise 170-180 pas/minute). Tes pieds doivent atterrir sous tes hanches, pas devant.
2. Change de surface
Oublie le bitume dur. Privilégie les sentiers en terre battue, l’herbe rase ou les pistes d’athlétisme. Attention toutefois aux terrains trop meubles (sable mou) ou instables (racines) qui demandent trop d’effort de stabilisation aux muscles du dos.
3. Échauffe-toi différemment
Pas d’étirements statiques (toucher ses orteils) avant de partir ! Cela met le nerf sciatique en tension. Fais des mobilisations articulaires douces du bassin et marche 10 minutes avant de trottiner.
4. Limite la durée
Reprends par des séquences courtes. La méthode Cyrano est top : courir 4 minutes, marcher 1 minute. Cela permet de « reset » la posture avant que la fatigue ne te fasse t’avachir.
5. Utilise une aide au maintien
Une ceinture lombaire de sport peut agir comme un rappel proprioceptif. Elle garde ton bas du dos au chaud et limite les micro-mouvements parasites sans atrophier tes muscles si tu ne l’utilises que pour l’effort.
Résumé : Quelle activité selon ma douleur ?
| Type de douleur | Course à pied | Marche rapide | Vélo / Elliptique |
|---|---|---|---|
| Fulgurante (jusqu’au pied) | 🚫 Interdit | 🚫 Si boiterie | ⚠️ Avec prudence |
| Modérée (fesse/cuisse) | ⚠️ 15-20 min max | ✅ Recommandé | ✅ Excellent |
| Gêne sourde / Raideur | ✅ OK (terrain souple) | ✅ À volonté | ✅ Idéal |
| Fourmillements (paresthésies) | 🚫 Stop immédiat | 😐 Si pas de faiblesse | 😐 Attention posture |
Les drapeaux rouges (Quand s’arrêter ?)
Tu es parti courir et ça se passait bien, mais… écoute ton corps. Arrête-toi immédiatement si :
- La douleur se périphérise : c’est-à-dire qu’elle descend plus bas dans la jambe (par exemple, elle passe de la fesse au mollet). C’est le signe que la hernie ou le conflit nerveux s’aggrave.
- Tu ressens une perte de force : ton pied « tape » au sol ou tu as du mal à pousser sur la pointe.
- Tu as des troubles sphinctériens (très rare mais urgent).
Si la douleur disparaît pendant la course mais revient 2 fois plus forte 2h après (une fois refroidi), c’est que la séance était trop intense.
FAQ — Sport et Nerf Sciatique
Indirectement, oui, en phase chronique. Le mouvement stimule la circulation sanguine et la production d’endorphines (anti-douleur naturel). Cependant, courir en phase aiguë aggravera l’inflammation. C’est une question de timing.
Contrairement aux idées reçues, les chaussures ultra-amortissantes (type « marshmallow ») ne sont pas toujours idéales car elles peuvent créer une instabilité. Cherche une chaussure stable avec un drop (différence talon-orteils) moyen (6-8mm) pour favoriser une foulée plus naturelle.
Si tu as une douleur inflammatoire vive après la course : Glace sur le bas du dos (15 min) pour calmer le feu. Si c’est juste une raideur musculaire ou une tension dans la fesse : Chaud pour détendre le muscle piriforme.
Non, mais elle aide beaucoup. Elle augmente la pression intra-abdominale, ce qui soulage la charge sur les disques vertébraux d’environ 30%. C’est un outil très utile pour reprendre la course en sécurité.
Conclusion du kiné
Courir avec une sciatique n’est pas interdit, mais c’est un art délicat. Il faut savoir différencier la « bonne » douleur (raideur, travail musculaire) de la « mauvaise » (électricité, fourmillements). Si tu respectes la progressivité, que tu cours sur terrain souple et que tu écoutes ton corps, la course peut même t’aider à renforcer ton dos.
N’oublie pas : le repos total est l’ennemi du dos sur le long terme. Bouge, mais bouge intelligemment.
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Sources scientifiques
- Journal of Orthopaedic & Sports Physical Therapy : Études sur l’impact de la course à pied sur les disques intervertébraux (montrant souvent un effet protecteur à dose modérée).
- Haute Autorité de Santé (HAS) : Recommandations sur la prise en charge de la radiculalgie et l’importance de l’activité physique adaptée.
- The Running Clinic : Données sur la biomécanique, la cadence et la réduction des forces d’impact au sol.



