Le syndrome du piriforme, c’est un petit muscle de la fesse qui se contracte et vient comprimer le nerf sciatique juste en dessous. Résultat : une douleur qui imite une sciatique, d’où son surnom de « fausse sciatique ». La différence clé : ici, la douleur reste surtout dans la fesse, et les mouvements du dos ne la changent pas. Bonne nouvelle, elle répond très bien à l’étirement du muscle, à la chaleur et à une meilleure position assise.
Vous avez « une sciatique », mais la douleur reste bloquée dans la fesse et empire dès que vous restez assis ? Il se pourrait bien que le coupable ne soit pas un disque, mais un muscle : le piriforme. On vous explique comment le reconnaître, le différencier d’une vraie sciatique, et surtout comment le détendre.
Le syndrome du piriforme, c’est quoi ?
Le piriforme est un muscle profond de la fesse. Il relie le sacrum (la base de la colonne) au sommet du fémur, et sert à faire pivoter la hanche vers l’extérieur. Sa particularité : le nerf sciatique passe juste en dessous de lui, parfois même au travers. Quand ce muscle se contracte de façon excessive (position assise prolongée, sport, faux mouvement), il peut comprimer le nerf et déclencher une douleur tout le long de son trajet. C’est le syndrome du piriforme.

Le syndrome du piriforme : le muscle qui pince le nerf
- 1Sacrum : la base de la colonne, où s’attache le muscle.
- 2Muscle piriforme : quand il se contracte, il vient pincer le nerf.
- 3Nerf sciatique : il passe juste sous le muscle.
- 4Point de compression : l’origine de la douleur dans la fesse.
Vraie sciatique ou syndrome du piriforme ?
C’est la question la plus utile, car la prise en charge n’est pas la même. Voici les repères qui orientent.
| Critère | Vraie sciatique (disque) | Syndrome du piriforme |
|---|---|---|
| Origine | Compression d’une racine au niveau du dos (souvent une hernie discale) | Un muscle de la fesse qui comprime le nerf |
| Où ça fait mal | Du dos jusqu’au pied, parfois | Surtout dans la fesse, irradiant à l’arrière de la cuisse |
| Toux, éternuement | Aggravent la douleur | Ne changent rien |
| Position assise | Inconfortable | Nettement douloureuse, surtout sur une surface dure |
Un point de repère pratique : si bouger ou cambrer le dos ne modifie pas la douleur, mais qu’appuyer au milieu de la fesse la réveille, l’hypothèse du piriforme devient sérieuse. Seul un professionnel pourra toutefois confirmer, en écartant d’abord une vraie atteinte du nerf.
Les symptômes
- Une douleur profonde dans la fesse, sourde ou en brûlure, d’un seul côté.
- Aggravée par la position assise prolongée (le fameux « signe du portefeuille » dans la poche arrière) et au moment de se relever.
- Irradiant à l’arrière de la cuisse, parfois avec des fourmillements, mais descendant rarement jusqu’au pied.
- Réveillée à la palpation du milieu de la fesse, ou en croisant la jambe.
Un test simple pour s’orienter
Sans remplacer un avis médical, un auto-test donne une indication. Allongé sur le dos, ramenez le genou du côté douloureux vers l’épaule opposée, en tournant légèrement la hanche vers l’intérieur. Si ce mouvement reproduit votre douleur de fesse, le piriforme est probablement en cause. À l’inverse, une douleur qui descend nettement dans la jambe quand vous penchez le dos en avant oriente plutôt vers une origine discale.
Étirement et soulagement
Le syndrome du piriforme répond généralement très bien aux mesures simples, à condition d’être régulier.
- L’étirement du piriforme : allongé sur le dos, posez la cheville du côté douloureux sur le genou opposé (position en « 4 »), puis ramenez doucement la cuisse vers vous. La posture du pigeon, en yoga, vise le même muscle.
- La chaleur : une bouillotte tiède sur la fesse détend le muscle contracté.
- L’automassage : une balle de tennis sous la fesse, en douceur, relâche le point tendu.
- Le renforcement des fessiers, une fois la douleur calmée, pour éviter les récidives. Voir notre routine d’exercices.
Le piriforme déteste la position assise prolongée, qui le comprime contre le nerf. Levez-vous toutes les 30 à 45 minutes et soulagez l’appui sous la fesse. C’est souvent ce simple changement, plus que l’étirement lui-même, qui fait la différence sur la durée.
La station assise écrase le piriforme et le nerf contre la chaise. Un coussin ergonomique répartit la pression et décharge la zone sensible.
- Si la douleur descend franchement dans la jambe jusqu’au pied, ou s’accompagne d’une faiblesse : il faut écarter une vraie sciatique ;
- Si rien ne s’améliore après deux à trois semaines d’étirements bien menés.
En bref
Le syndrome du piriforme est une « fausse sciatique » : un muscle de la fesse comprime le nerf et imite la vraie. On le reconnaît à une douleur surtout fessière, aggravée en position assise, et que les mouvements du dos ne modifient pas. Il se soulage par l’étirement du muscle, la chaleur, l’automassage et une meilleure position assise. En cas de doute avec une vraie sciatique, ou d’absence d’amélioration, on consulte.
Questions fréquentes
Comment différencier le syndrome du piriforme d’une vraie sciatique ?
Quel est le meilleur étirement pour le piriforme ?
Combien de temps dure un syndrome du piriforme ?
La position assise aggrave-t-elle le syndrome du piriforme ?
Sources & références
Sources vérifiées le 24/06/2026.
- Assurance Maladie (ameli.fr). Sciatique : la reconnaître. Consulté le 24/06/2026.
- Haute Autorité de Santé. Prise en charge du patient présentant une lombalgie commune (2019). Consulté le 24/06/2026.
Cet article a une vocation informative et ne remplace pas une consultation. Le diagnostic du syndrome du piriforme se fait par élimination : consultez pour écarter une atteinte du nerf et confirmer la cause.



