L4-L5 et L5-S1 sont les deux niveaux les plus souvent touchés par une hernie discale lombaire. La différence ne tient pas à la gravité, mais à la racine nerveuse comprimée : en L4-L5, c’est la racine L5 qui souffre (douleur vers la face externe de la jambe et le dessus du pied) ; en L5-S1, c’est la racine S1 (douleur vers l’arrière de la jambe et le talon). Cette distinction guide surtout l’examen clinique, rarement le traitement, qui reste conservateur en première intention dans la grande majorité des cas.
Sur un compte-rendu d’IRM, la mention « L4-L5 » ou « L5-S1 » désigne simplement l’étage de la colonne où se situe la hernie. Beaucoup de patients cherchent à savoir si l’un de ces deux niveaux est « pire » que l’autre. La vraie question à se poser n’est pas laquelle est la plus grave, mais quelle racine nerveuse chaque niveau comprime, car c’est elle qui détermine le trajet exact de la douleur et les tests que le professionnel de santé va réaliser. Ce guide détaille cette distinction, appuyée sur l’examen clinique standard, et ce qu’elle change (ou non) pour le diagnostic et la prise en charge.
L4-L5 et L5-S1, c’est où exactement ?
La colonne lombaire compte 5 vertèbres, numérotées L1 à L5, posées sur le sacrum (S1). Entre chaque vertèbre se trouve un disque intervertébral, un coussin fibreux qui amortit les charges. Une hernie discale survient quand le noyau central de ce disque migre à travers son enveloppe et vient appuyer sur une racine nerveuse voisine1. « L4-L5 » désigne le disque situé entre la 4e et la 5e vertèbre lombaire ; « L5-S1 », le disque situé un étage plus bas, entre la dernière vertèbre lombaire et le sacrum. C’est le point de jonction le plus mobile et le plus chargé de toute la colonne.
L’Assurance Maladie décrit ce mécanisme comme un conflit disco-radiculaire, précisément localisé « L4-L5 ou L5-S1 selon le niveau vertébral atteint »1. Ces deux niveaux concentrent, à eux seuls, la grande majorité des hernies discales lombaires diagnostiquées : c’est pour cela qu’ils reviennent presque systématiquement dans un compte-rendu d’imagerie, bien plus que L1-L2 ou L2-L3.
La vraie différence : la racine nerveuse touchée
C’est le point le plus utile à comprendre, et celui que la plupart des articles grand public survolent. Une hernie L4-L5 comprime le plus souvent la racine L5 ; une hernie L5-S1 comprime le plus souvent la racine S1. Or ces deux racines nerveuses n’innervent pas exactement la même zone de la jambe, ni les mêmes muscles : leur atteinte produit donc des symptômes reconnaissables, que l’examen clinique sait différencier sans même avoir recours à l’imagerie.
Trois signes permettent de distinguer les deux territoires2 :
| Racine L5 (hernie L4-L5) | Racine S1 (hernie L5-S1) | |
|---|---|---|
| Trajet de la douleur | Fesse, face externe de la cuisse et du mollet, dessus du pied, jusqu’au gros orteil | Fesse, arrière de la cuisse et du mollet, talon, bord externe du pied jusqu’aux petits orteils |
| Test moteur | Difficulté à marcher sur les talons (faiblesse des releveurs du pied et du gros orteil) | Difficulté à marcher sur la pointe des pieds (faiblesse du mollet, triceps sural) |
| Réflexe | Aucun réflexe spécifique connu pour L5 | Réflexe achilléen diminué ou aboli |
Ce sont exactement les tests qu’un médecin, un kinésithérapeute ou un ostéopathe réalise en consultation pour orienter le diagnostic sans attendre une IRM. Une hernie qui comprime les deux racines à la fois, ou qui touche un disque supplémentaire, peut mélanger ces signes, ce qui explique pourquoi certains tableaux cliniques ne sont pas aussi nets que sur le papier.
Pourquoi ces deux niveaux sont les plus touchés
Ce n’est pas un hasard si L4-L5 et L5-S1 concentrent la majorité des hernies discales lombaires. Ces deux disques supportent la charge la plus lourde de toute la colonne : ils encaissent le poids du haut du corps, transmettent les forces vers le bassin, et sont sollicités à chaque mouvement de flexion, de rotation ou de port de charge. Ce sont aussi les segments les plus mobiles de la région lombaire, ce qui les use plus vite avec le temps.
Les facteurs qui favorisent l’apparition d’une hernie à ces niveaux sont bien connus : le port répété de charges lourdes (surtout en flexion du dos plutôt qu’en pliant les jambes), une position assise prolongée, le surpoids, le tabac (qui fragilise le disque), et une usure progressive liée à l’âge. Un faux mouvement est souvent l’élément déclencheur visible, mais il s’ajoute la plupart du temps à une fragilisation du disque déjà installée depuis plusieurs mois ou années.
Comment le diagnostic est posé
Dans la majorité des cas, l’interrogatoire et l’examen clinique suffisent à orienter fortement le diagnostic vers L4-L5 ou L5-S1, avant même toute imagerie. Le professionnel de santé interroge sur le trajet précis de la douleur, teste la sensibilité le long de la jambe, demande de marcher sur les talons puis sur la pointe des pieds, et recherche le réflexe achilléen au niveau du talon.

L’imagerie n’est pas systématique. Une IRM lombaire est demandée quand la douleur persiste malgré un traitement bien conduit, quand les signes neurologiques s’aggravent, ou quand un geste (infiltration, chirurgie) est envisagé. C’est elle qui confirme précisément le niveau, le volume de la hernie et son degré de conflit avec la racine. Sur les documents administratifs (arrêt de travail, compte-rendu), le niveau L4-L5 ou L5-S1 est en général associé au même code de classification, le CIM-10 M51.1 (atteintes d’un disque lombaire avec radiculopathie), quel que soit l’étage exact.
Le traitement change-t-il selon le niveau ?
Non, pas fondamentalement. Que la hernie soit en L4-L5 ou en L5-S1, la prise en charge de première intention est la même : antalgiques et anti-inflammatoires si besoin, maintien d’une activité aussi normale que possible (l’alitement prolongé est déconseillé), puis rééducation. La grande majorité des hernies discales, quel que soit leur niveau, s’améliorent sans chirurgie en quelques semaines à quelques mois. Notre article sur les exercices pour hernie discale (méthode McKenzie) détaille une routine adaptée, et notre avis sur l’opération du nerf sciatique explique dans quels cas la chirurgie devient une option.
Ce qui peut différer, en revanche, c’est la gêne fonctionnelle ressentie : une atteinte S1 (L5-S1) peut rendre la marche sur la pointe des pieds difficile, ce qui gêne la course ou la montée d’escaliers ; une atteinte L5 (L4-L5) peut plutôt gêner la marche sur les talons, moins sollicitée au quotidien, et donc parfois passer plus longtemps inaperçue. Ce détail oriente surtout le suivi et les exercices de rééducation ciblés, pas le principe général du traitement.
Limiter l’aggravation au quotidien
Quel que soit le niveau atteint, quelques réflexes limitent la pression sur le disque concerné et réduisent le risque de nouvelle poussée.
- Plier les genoux pour soulever une charge, dos droit, plutôt que se pencher en avant.
- Faire des pauses actives toutes les 30 à 45 minutes en position assise.
- Garder une activité douce (marche) plutôt que de rester alité.
- Porter une charge lourde en flexion du tronc, bras tendus.
- Rester assis très longtemps sans changer de position ni de soutien lombaire.
- Ignorer une faiblesse au niveau du pied en se disant que « ça va passer ».
La position assise prolongée augmente la pression sur les disques lombaires bas, justement ceux les plus souvent touchés. Un coussin sciatique Assise+ aide à répartir l’appui et à limiter cette surcharge au bureau ou en voiture.
- Une faiblesse musculaire franche dans le pied, une difficulté à marcher sur les talons ou sur la pointe des pieds qui s’installe : voir notre article sur le pied tombant ;
- Des troubles urinaires ou une perte de sensibilité autour du périnée : il s’agit d’une urgence, voir notre article sur la sciatique paralysante et les signes d’urgence ;
- Une douleur qui ne s’améliore pas après 2 à 3 semaines malgré des mesures simples.
En bref
L4-L5 et L5-S1 sont les deux niveaux les plus fréquemment touchés par une hernie discale lombaire, car ce sont les segments les plus chargés et les plus mobiles de la colonne. La différence entre les deux ne tient pas à la gravité, mais à la racine nerveuse comprimée : L5 pour L4-L5 (douleur externe, jusqu’au gros orteil, difficulté à marcher sur les talons), S1 pour L5-S1 (douleur postérieure, jusqu’au talon, réflexe achilléen diminué, difficulté à marcher sur la pointe des pieds). Le traitement de première intention reste identique dans les deux cas : antalgiques si besoin, activité maintenue, rééducation, chirurgie réservée aux situations qui persistent ou aux signes d’alerte.
Questions fréquentes
Peut-on avoir une hernie discale à la fois en L4-L5 et en L5-S1 ?
Quel est le code CIM-10 d’une hernie discale L4-L5 ou L5-S1 ?
La hernie L5-S1 est-elle plus grave que la L4-L5 ?
Combien de temps dure la douleur d’une hernie discale L4-L5 ou L5-S1 ?
Sources & références
Sources vérifiées le 07/08/2026.
- Assurance Maladie (ameli.fr). Sciatique : la reconnaître.
- Haute Autorité de Santé. Prise en charge diagnostique et thérapeutique des lombalgies et lombosciatiques, recommandations pour l’examen clinique des radiculalgies.
Les informations de cet article sont données à titre indicatif et ne remplacent pas une consultation médicale. Seul un professionnel de santé peut poser un diagnostic.



